Le problème de l'hémisphère sud
La plupart des astrologues (pour ne pas dire la majorité) ne voient aucun inconvénient à traiter l'hémisphère sud à l'image de l'hémisphère nord. Pourtant la contradiction est flagrante : le solstice d'hiver de l'hémisphère sud tombe en Cancer, tandis que le solstice d'été tombe en Capricorne. On s'y est tellement habitué que l'on finit par trouver tout à fait normal de fêter Noël (le solstice d'hiver) quand il fait chaud, alors qu'il faudrait le fêter quand il fait froid, quitte à être décalé de 6 mois avec l'hémisphère nord.
Pour pallier à cette contradiction, certains astrologues proposent d'inverser tout simplement les maîtrises, ce qui nous amène à des aberrations du genre Soleil maître du Verseau et Lune maître du Capricorne. Pourquoi se compliquer la vie ? L'enjeu consiste à transposer l'astrologie septentrionale, non à la transformer. Si nous ne changeons rien, il y a contradiction. Si nous changeons, il y a aussi contradiction. La solution est donc d'adapter la problématique de l'astrologie septentrionale à l'hémisphère sud. Comment ? En inversant (du point de vue tropique cela va de soi) les signes du zodiaque, c'est à dire en prenant le signe opposé d'un signe. Cette solution pourtant évidente répugne encore à nombre d'astrologues : en effet, comment résoudre le problème de l'équateur, qui est neutre ? L'astrologue Max Duval contourne l'obstacle en prenant l'écliptique comme référentiel, ce qui fait intervenir les hémisphères célestes Nord et Sud - qui prévalent sur les hémisphères terrestres. Pour ma part, je considère comme point de départ de l'inversion le point d'intersection du méridien de Greenwich avec l'équateur (0°0°). Toute position située à l'ouest de ce point tombe sous le coup de l'inversion zodiacale (cas des îles Galapagos). Toute position située à l'est de ce point continue d'obéir à la non-inversion.
Ex : Strasbourg = 49° N, non inversion. Mexico = 19° N, non inversion. Kismaayo (Somalie) = 0° E, non inversion. Galapagos (Iles Galapagos) = 0° W, inversion. Machu Picchu (Pérou) = 13° S, inversion. Melbourne (Australie) = 37° S, inversion.
Le climat intertropical sud place le solstice d'hiver au mois de juin et le solstice d'été au mois de décembre. Bien que nous ayons seulement deux saisons (sèche et humide), nous avons bien inversion des extrêmes (solstices). Ainsi, la reconnaissance de Machu Picchu (- 13° latitude) par Hiram Bingam le 24 juillet 1911 a lieu dans le signe du Verseau (un mois après le solstice d'hiver) et non en Lion. Le processus d'inversion n'est donc pas spécifique des climats tempérés, mais spécifique d'une problématique d'alternance Nord/Sud.
Je donne ici le thème astral de Tolkien, avec inversion des signes due à une naissance située dans l'hémisphère sud (Afrique du Sud). De fait, cette inversion explique certains aspects dominants de son oeuvre (l'imaginaire, la féerie, l'enfance, la linguistique, la classification, les grands espaces, l'attrait pour le mythe...), l'approche étant plus malaisée sans pratiquer l'inversion. Même constat pour le thème de Nelson Mandela ainsi que celui du pape François.
NB : il faut savoir que l'idée d'inversion des signes ne repose sur aucune réalité sidérale, c'est seulement un concept tropique. L'inversion n'est réelle qu'au niveau des points cardinaux. Dans l'hémisphère sud, l'observateur est tourné vers le nord, le soleil se lève à droite, culmine au nord et se couche à gauche. Mais le Capricorne se situe toujours en haut, et le Cancer en bas, comme sur le zodiaque de Denderah. Il n'y a pas inversion naturelle des signes du zodiaque. C'est sans doute la raison pour laquelle la majorité des astrologues n'y adhère pas.

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