La double exaltation

La combinaison signe/planète forme un tout organique. Le "jeu" astrologique est impossible si l'une des deux composantes fait défaut. Les anciens ont établi des correspondances très précises entre signes et planètes en définissant, pour chaque planète, un signe de prédilection appelé "domicile". Nous obtenons cette correspondance en répartissant, à l'intérieur d'une zone A délimitée par la lune en Cancer, et à l'intérieur d'une zone B délimitée par le soleil en Lion, la succession des planètes dans leur ordre décroissant au Soleil.


Gémeaux Mercure

Taureau Vénus

Bélier Mars

Poissons Jupiter

Verseau Saturne



ZONE B

Lion Soleil

Vierge Mercure

Balance Vénus

Scorpion Mars

Sagittaire Jupiter

Capricorne Saturne


Ainsi, nous avons un domicile pour la Lune, un domicile pour le Soleil, et deux domiciles pour Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.

Lorsqu'une planète se trouve dans son domicile, on dit qu'elle "trône". Lorsqu'une planète se trouve dans le signe opposé à son domicile, on dit qu'elle est "en exil".

Par exemple, Vénus "trône" en Taureau et en Balance. Elle est "exilée" dans les signes opposés, c'est à dire en Scorpion et en Bélier.

Jusqu'à présent, tout semble logique (si l'on admet que 5 des 7 planètes possèdent un double-domicile, mais nous verrons plus loin le bien-fondé de cette disposition).

Néanmoins, le système fonctionne à 2 temps, et non à 4.

1) La planète trône (pile).

2) La planète est en exil (face).

On peut se demander ce que la planète fabrique ENTRE TEMPS, c'est à dire entre le moment où elle trône et où elle s'exile, et entre le moment où elle s'exile et où elle trône à nouveau ? Car il est évident que le terme "trône" s'applique à la culmination supérieure, et le terme "exil" à la culmination inférieure. Donc il existe, entre la culmination inférieure et la culmination supérieure, une étape intermédiaire qui est le lever, et, entre la culmination supérieure et la culmination inférieure, une étape intermédiaire qui est le coucher. Dans le même ordre d'idée, le lever d'une planète correspond au printemps et son coucher à l'automne.

Pour que le système fonctionne à 4 temps, et non plus seulement à 2, il nous faut déterminer précisément le signe de lever et de chute pour chaque planète. Ce n'est que dans cette perspective que l'on peut parler d' "astrologie", car la notion d'astre est indissociable de celle de champ.

Que nous dit la "tradition" au sujet des levers et des couchers ? Pas grand-chose, mais suffisamment toutefois pour nous mettre sur la voie, à condition d'identifier "exaltation" et "chute" comme étant des synonymes de "lever" et "coucher", ce qui éclaire singulièrement notre propos ( la nécessité d'un processus à 4 temps, autrement dit une courbe).



Soleil : exaltation BELIER, chute BALANCE.

Lune : exaltation TAUREAU, chute SCORPION.

Mercure : exaltation VIERGE, chute POISSONS.

Vénus : exaltation POISSONS, chute VIERGE.

Mars : exaltation CAPRICORNE, chute CANCER.

Jupiter : exaltation CANCER, chute CAPRICORNE.

Saturne : exaltation BALANCE, chute BELIER.



Prenons le cas de MARS.

Les anciens nous disent que Mars est "exalté" en Capricorne. Entendez : Mars se lève en Capricorne et se couche (chute) en Cancer (signe opposé). Proposition logique, puisque le lever de Mars en Capricorne précède son trône en Bélier. Proposition logique s'appliquant au Mars/Bélier.

Mais le Mars/Scorpion ? Où se lève-t-il et où se couche-t-il ?

On admet l'existence de 2 domiciles pour cette planète (Bélier et Scorpion). Pourquoi, dans ce cas, ne pas admettre l'existence de 2 exaltations ?

Il en est de même pour Jupiter, Vénus et Saturne.

L'exaltation (lever) proposée, se situant entre l'exil (culmination inférieure) et le trône (culmination supérieure) est logique mais ne concerne que Vénus/Taureau, Jupiter/Sagittaire et Saturne/capricorne. Quant à Mercure, à moins d'admettre que son parcours ait lieu à rebours des signes, son "exaltation" en Vierge est indéfendable, puisqu'elle a lieu après son trône en Gémeaux (on peut évidemment voir d'autres raisons que purement astronomiques à cette exaltation de Mercure, alchimiques par exemple). Une possibilité de schéma initial serait l'occupation des 6 signes pairs par les 6 planètes (- Soleil), mais à condition de placer Saturne en Scorpion. Par la suite, les exigences du septenaire auraient fait glisser Saturne de son trône qui serait passé en Balance. Mais aucun indice d'ordre historique ne permet de valider cette hypothèse.

Il y a donc incontestablement un sentiment d'incomplétude dans la théorie des exaltations, ce qui donne à penser que la “tradition” elle-même n'est pas exempte de tâtonnements.

Pourtant, la connaissance complète du système des exaltations est indispensable si nous voulons être capable de "calculer" le degré de force de telle ou telle planète dans le ciel de naissance, et par là-même résoudre une fois pour toutes le problème de la recherche d'une dominante zodiacale (à ne pas confondre avec la dominante horaire, basée sur l'Ascendant, les aspects entre les planètes et les planètes angulaires).

La solution proposée ici reprend à son compte, en les extrapolant, les valeurs de la tradition. Très simple, elle se contente de généraliser les maîtrises du Soleil.


UNE PLANETE EST EXALTEE DANS LE SIGNE SITUE A - 120° DE SON TRONE.


Cette règle a son fondement dans le fait que le signe situé à 120° du trône est de même nature élémentaire que le trône (cette règle est essentielle dans l'élaboration du système global).

Ce qui nous donne le tableau suivant :


ZONE A


Poissons Lune

Verseau Mercure

Capricorne Vénus

Sagittaire Mars

Scorpion Jupiter

Balance Saturne


ZONE B


Bélier Soleil

Taureau Mercure

Gémeaux Vénus

Cancer Mars

Lion Jupiter

Vierge Saturne


Ce tableau est l'exact répondant de celui des "domiciles": nous avons une exaltation pour la Lune, une pour le Soleil, et deux exaltations pour les 5 autres planètes.

Nous appellerons la zone A (de Cancer à Verseau) zone Alpha et la zone B (de Lion à Capricorne) zone Bêta. De même, nous appellerons les planètes A ou B selon l'appartenance de leur trône en zone A ou B (ex: Saturne/Verseau = Saturne A, Vénus/Balance = Vénus B).


Tout se passe comme si nous avions 6 couples planétaires, que nous pouvons baptiser "jumeaux".

1 Lune (A) et Soleil (B). Ces deux astres étaient considérés comme des jumeaux dans l'antiquité.

2 Mercure A et Mercure B.

3 Vénus A et Vénus B.

4 Mars A et Mars B.

5 Jupiter A et Jupiter B.

6 Saturne A et Saturne B.



Voilà qui justifie le double-domicile - et par conséquent la double-exaltation. Car, si nous avons bien 7 planètes en action (les planètes transaturniennes ne font que résumer ces 7 planètes), nous avons 12 formes planétaires à traiter.

Il serait, en effet, ridicule de confondre la nature d'un Vénus/Taureau (Vénus A) avec celle d'un Vénus/Balance (Vénus B), ces deux formes vénusiennes correspondant à deux identités distinctes.

L'exaltation de Vénus A en Capricorne peut, de prime abord, faire sourire. Néanmoins c'est bien à ce stade (solstice d'hiver) qu'elle apparait, quand on sait que la planète Vénus a toujours été associée à la lumière.

Quant à Mars en Cancer, rien à voir avec la sempiternelle interprétation "mollesse, indécision, manque de courage, etc.". Le Cancer est l'un des signes les plus résistants du zodiaque, le plus défensif surtout, et c'est dans ce sens qu'il faut l'interpréter. C'est le sens de Mars B (Scorpion), qui est très différent du sens de Mars A (Bélier), lequel passe à l'attaque ...

Conclusion

Les exaltations traditionnelles semblent approcher la notion de rythme planétaire, sans toutefois la réaliser. L'exaltation de Lune en Taureau a lieu dans un signe de terre, son exil ne peut donc se produire dans un signe de terre. De même pour Vénus : son exaltation a lieu dans un signe d'eau, son exil est impossible dans un signe d'eau. Du point de vue des courbes planétaires, le passage en Taureau pour la Lune et en Poissons pour Vénus représente seulement une étape de transition entre l'exaltation (lever) et la culmination (trône). Quant à Mars, Saturne et Jupiter, rien ne justifie astronomiquement leur culmination supérieure à 90° et 150° de leur exaltation : visiblement, ces positions résultent d'un schéma intuitif qui n'avait pas pour but le dédoublement des fonctions planétaires.





Commentaires

  1. bonjour Ian, je viens juste de prendre connaissance de votre blog.... ce système de la double exaltation, d'où vient-il ? il m'intéresse car, pour une fois, mars en cancer n'est pas catalogué négativement. je l'ai dit, je ne me reconnais pas dans mon signe solaire, ni dans ce mars à l'ascendant, si ce n'est que j'ai eu beaucoup d'énergie sans en avoir toujours conscience d'ailleurs... votre mars cancer sait se défendre, ça oui, j'ai appris... classiquement, saturne et mars en cancer à l'ascendant devraient m'apporter des problèmes familiaux... or, j'ai eu une enfance plutôt privilégiée même si j'ai quelquefois pâti de la distance imposée par mon père... lui-même avec saturne en cancer d'ailleurs ! le seul problème que je rencontre depuis toujours, c'est avec mes frère et soeurs... régulièrement, je suis brouillée avec l'un ou l'autre... nous avons pourtant bcp de souvenirs en communs car avons toujours été élevés ensemble... c'est qq chose que je ne comprends pas... je vais approfondir votre théorie... d'avance merci pour votre aide - cordialement - Yveline L'Hôte

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    1. Bonjour Yveline, je viens de découvrir votre message et je vous en remercie. Je suis l'auteur de cette méthode, et je montre dans l'intro le cheminement progressif pour aboutir à ces nouvelles maîtrises qui - soit dit en passant - ne s'opposent aucunement à la Tradition puisque je ne fais que généraliser à toutes les planètes les maîtrises du Soleil. Vous pouvez m'envoyer vos coordonnées, je regarderai votre thème.

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